Business as usual ?

Mardi 24 mars- Business as usual, une journée de télétravail.

Déjà une semaine de confinement. La distance qu’il crée entre les personnes se fait sentir. Comment réagir ? Comment résister à la pesanteur qui s’installe ? François et moi décidons d’utiliser le site menou-pour-tous.com pour recréer autant de lien qu’il nous est possible. Faire de ce site un espace de conversation rurale entre confinés, est-ce possible ? C’est en tentant l’expérience que nous saurons. Nous choisissons de lui retirer toute vocation politique locale et d’en faire un espace de partage culturel, humain, littéraire, poétique, social…

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Écrire, jour après jour

Lundi 23 mars – Bricolage et jardinage sont désormais pour moi les mamelles de Menou.

Même si je continue à assurer mon blog et ma chronique radio dont le premier jet m’occupe désormais tous les lundis matin. Mais que dire d’original sur le coronavirus qui sature tous les esprits et tout l’espace médiatique ? La sortie de crise me préoccupe plus que le commentaire de l’action de l’exécutif, même si, et c’est peut-être fatal, il semble sérieusement tâtonner sur la question de l’usage des masques…  

« Menou pour tous » se prolonge sur le Web, sous la forme d’un journal du confinement. La voie est étroite entre la banalité de nos expériences quotidiennes et les généralités hors-sol. Mais c’est un défi intéressant.

Retrouvez la série de nos chroniques de confinés.

Fracture numérique

Lundi 23 mars – Autrefois les fractures étaient traitées pas amputation, depuis Ambroise Paré, maître barbier-chirurgien (1510-1590), on s’efforce de les réduire.

Je lis ce jour l’e-mail de la mairie de Menou qui est accompagné du modèle d’attestation de déplacement dérogatoire. Ce document fourni par le gouvernement via service-public.fr a été imprimé, scanné et attaché à un e-mail par la mairie. Le résultat est un document peu contrasté et mal cadré. Fracture numérique ?

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Dimanche de routine

Dimanche 22 mars – Le dimanche, en temps de confinement, perd un peu de son relief. D’une certaine manière, il se banalise beaucoup dans un quotidien qui se répète.

La messe se passe en studio chez les Dominicains. La télévision devient le seul espace pour la prière collective et pour l’Eucharistie. C’est déjà le cas pour beaucoup de malades, en temps plus ordinaires.

Reste à vaquer à des tâches routinières pour moi à Menou : plates-bandes, rangement et planification des chantiers au long cours.

Les Informés à France Info sont suspendus.

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Une fois qu’on a passé les bornes, il n’y a plus de limite

Dimanche 22 mars – Deuxième sortie à VTT, parcours semblable mais dans l’autre sens et avec un peu d’exploration autour de Bourras la Grange.

Toujours personne dans les espaces sauvages/naturels, à part un lièvre dans les champs et un chevreuil au détour d’un chemin. Au retour, je croise une famille à proximité du village, une famille avec deux enfants âgés d’environ dix ans qui ont bien besoin comme moi de prendre l’air. Nous nous croisons à distance. Continuer la lecture de « Une fois qu’on a passé les bornes, il n’y a plus de limite »

Le temps s’est arrêté.

Vendredi 20 mars – Confiné, je passe la journée à mon bureau à travailler sur ordinateur.

Je porte une montre bracelet automatique. Ce type de montre à mouvement mécanique et affichage analogique, ne nécessite pas de pile. Elle fonctionne sur un ressort qu’un balancier remonte du seul fait de mes mouvements. J’entends déjà les “OK boomer !“.  Au regard des critères du monde qui vient, la montre qui m’indique l’heure depuis plusieurs décennies présente des qualités environnementales remarquables. Alors, jeunes gens, dites-vous bien que le ‘boomer’ ne déconne pas complètement.

Confiné, restant assis et les bras quasi immobiles devant mon clavier, j’ai constaté avec horreur que ma montre a fini par s’arrêter. Faute d’activité, je ne suis plus en mesure de donner vie aux objets qui partagent et rythment mon existence. Faute de vie, le temps s’arrête.

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Distance

Vendredi 20 mars – Emission radio à distance. Chacun se déploie dans son registre. « Cette crise aura une fin » : il paraît qu’à l’antenne, je semblais plus confiant en l’avenir que mes camarades. Je n’en suis pas si sûr. Mais j’ai assumé explicitement le refus de la polémique sur la gestion de la crise par le gouvernement. Cela me paraît bien inutile.

Qui aurait pu prévoir ? Qui aurait pu savoir d’avance exactement quoi faire ? Les donneurs de leçons sont infantiles, inutiles. On soldera les comptes à la fin de la crise. Les ouvrir au cœur des difficultés ne sert absolument à rien.

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Un médecin à Menou ?…

Jeudi 19 mars – Menou vit dans une parfaite léthargie, confinement oblige. Après la frénésie de la campagne des élections municipales, c’est assez étrange, le changement de rythme est violent.

Corinne et moi vivons, comme il se doit, en vase clos mais cependant harmonieusement.

Soyez tranquilles, nous sommes surveillés. La rumeur publique raconte -car même en période de confinement, les rumeurs courent toujours- qu’un médecin serait venu chez nous. Les pestiférés que nous sommes depuis que nous avons osé nous présenter aux élections municipales font de nous d’évidents porteurs du virus.

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