La terre à ceux qui la cultivent

Mercredi 15 avril – Y-a-t-il une place pour les intellectuels dans la ruralité ? Une chose me paraît certaine, la ruralité n’a pas beaucoup d’intellectuels à son service et ça me parait bien dommage. Incompréhension ?

De par ma formation et mes goûts pour les sciences dures, naturelles, sociales et humaines, je me considère comme assez proche des intellectuels, ce qui ne m’empêche pas d’avoir les pieds sur terre, sur la terre de Menou.

Les intellectuels qu’ils soient chercheurs, écrivains, journalistes produisent des idées fort utiles pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. Trop souvent leur regard sur nos campagnes et le monde rural passe par un prisme biais passéiste. Paysans que nous sommes au sens premier, à savoir que nous sommes attachés à notre pays, à notre campagne, nous nous voyons communément affublés du sens péjoratif de ce terme et quand la chance nous sourit, on nous regarde avec une sorte de nostalgie d’un monde qui disparait entre l’exode rural et l’évanouissement de la civilisation par désertification.

Or la diagonale du vide, n’est pas vide. On y vit bien, et c’est d’ailleurs bien souvent dans de petites communautés villageoises que certaines innovations sociales récentes ont montré leur pertinence. La ruralité a un avenir si elle veut bien se connaître, s’identifier et se projeter. C’est un travail intellectuel à mener au contact du terrain, de la terre et de ceux qui la cultivent. C’est un défi pour une collectivité trop habituée à sa plier aux exigences d’autorités diverses qu’il s’agisse du roi, du seigneur, du climat ou de l’Etat. La ruralité étant multiple, c’est à l’échelle locale que le travail doit se faire, à la base. Puisse Menou pour tous contribuer à l’élaboration d’un avenir rural local.

Si la sortie du confinement doit voir naître un nouveau monde – et nombreux sont ceux qui affirment que nous ne vivrons plus comme avant – alors une fois de plus, les diverses composantes de la ruralité auront chacune l’occasion de montrer leurs atouts et leur vision d’avenir pour autant qu’elles aient eu la sagesse d’en former une.

Retrouvez la série de nos chroniques de confinés.

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