Morale et moralisme

Mercredi 6 mai – Voici une histoire édifiante qui se passe en Grande- Bretagne autour du confinement. Un épidémiologiste reconnu, conseiller du gouvernement a dû démissionner. Non pas pour avoir préconisé ce confinement qui a été utile au pays, mais parce que ce professeur l’avait lui-même enfreint.

Selon le quotidien The Telegraph, Neil Ferguson aurait accueilli à son domicile à deux reprises pendant le confinement une dame venue lui rendre visite.  Qu’importent les bonnes raisons qui l’ont ainsi poussé à la faute. « J’admets avoir pris la mauvaise décision », a déclaré le professeur Ferguson.

Mais arrêtons-nous un instant à la déclaration qu’il a fait ensuite : « Je regrette profondément toute atteinte aux messages clairs concernant la nécessité de la distanciation sociale pour contrôler cette épidémie dévastatrice. Les orientations du gouvernement sont sans équivoque et sont là pour nous protéger tous », a dit M. Ferguson.

Neil Ferguson n’est d’ailleurs pas la seule personnalité à avoir démissionné après avoir enfreint les règles contre la pandémie au Royaume-Uni.

Il semble ainsi qu’en Grande Bretagne, on ne badine pas trop avec les responsabilités publiques. Celui qui accepte une charge s’engage implicitement à en accepter les contraintes morales. Ce qui change un peu du « Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais », d’usage courant dans d’autres démocraties.

Depuis longtemps on sait que le moralisme, cette pratique détestable, n’est que la morale appliquée aux autres. Ce qui lui est reproché n’est certainement pas l’affaire du siècle, mais Neil Ferguson a su en tirer toutes les conséquences.

Retrouvez la série de nos chroniques de confinés.

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