Pressons-nous lentement

Mercredi 6 mai – Journée de télétravail. Réunion en visio-conférence, appels téléphoniques dans tous les sens. Les projets avancent lentement mais surement. Le confinement aura permis de repenser complétement des solutions techniques que nous n’avions pu approfondir. Détachés des urgences quotidiennes, nos ingénieurs ont pris le temps de remettre l’ouvrage sur le métier sommaire que constitue un ordinateur portable dans un appartement confiné.

Le confinement et le télétravail qu’il impose sont assez propices aux travaux de fond. Si le confinement a pour but d’opposer une certaine viscosité à la propagation du virus, il ralentit fortement les échanges entre les membres d’un projet. Le dialogue non verbal des réunions et rencontres physiques est gommé, et chacun dans ses échanges doit faire un effort de formulation bien supérieur au minimum habituellement requis. Curieusement, de ces échanges ralentis et dénués d’affects sortent des solutions originales à une allure surprenante.   

Une question correctement reformulée finit par contenir l’essentiel de sa réponse. Prenons le temps de formuler nos problèmes, les solutions en découleront.

A ceux qui sont pressés d’en découdre pour inventer, dès la sortie du confinement, la société de demain, je recommande de prolonger leur confinement. Le lièvre et la tortue en sont un témoignage.

La journée se termine par une promenade en forêt. Arum tacheté, céphalanthère, homme pendu, orchis brulé, orchis pourpre, orchis militaris, ornithogale des Pyrénées, pimprenelle, sceau de Salomon.

Retrouvez la série de nos chroniques de confinés.

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