Le temps des GAFAM

Mardi 26 mai – Dire du mal des GAFAM est une banalité. Dire que nous en sommes les otages est facile, reconnaître que nous sommes serviles à leur égard est une prise de conscience qui appelle au changement de nos habitudes, et là tout se complique. Or nous avons une responsabilité collective dans leur apparition, leur développement et leur emprise sur nos vies.

GAFAM pour Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, des noms que nous connaissons tous et que nous fréquentons quotidiennement parfois sans le savoir.

Mon téléphone fonctionne sur Androïd de Google, ma tablette iPad vient de chez Apple, j’ai un compte Facebook (en dormance), j’achète parfois sur Amazon, et je travaille sur un PC sous Windows de Microsoft dont j’utilise la suite Office. Carton plein.

Les GAFAM ont construit brique par brique des monopoles internationaux aussi inadmissibles que difficilement attaquables. On a parfois recours aux monopoles notamment dans les cas d’infrastructures communes (réseau ferré, électrique, etc…) et le plus souvent on les nationalisent. Les GAFAM sont sous le coup de la loi étasunienne qui interdit, au nom de la libre concurrence, les monopoles. Curieusement, les juges américains si prompts à dégainer ne font rien. Les monopoles internationaux prélèvent la rente de monopole dans chaque pays où ils sont présents et transfèrent leurs revenus aux États Unis qui est, à peu près, le seul pays où ils paient des impôts. Bref les États Unis prélèvent à travers la rente de monopole des GAFAM un impôt sur la France et le reste du Monde. On n’imagine pas qu’ils s’en plaignent et nous soutiennent dans notre volonté d’indépendance à l’égard des GAFAM.    

Les Chinois ont réagi immédiatement, ils ont créé très tôt leurs propres monopoles sur Internet en répliquant sans scrupules les technologies américaines. Ne devrait-on pas en faire autant à l’échelle européenne ? Le moteur de recherche Qwant en est une tentative, il peine à gagner des parts de marché. Sauf à être Chinois, la souveraineté coûte cher.

En occident, seul l’univers du logiciel libre concurrence les GAFAM mais souvent avec un temps de retard. Et si nous voulons bénéficier des dernières avancées, nous retombons dans leur escarcelle. Alors commencent les compromis et la compromission n’est pas loin. On saluera l’effort énorme des administrations françaises qui utilisent largement Qwant et Libre Office.

Et à notre échelle de Menou ? Notre site ‘Menou pour tous‘ est aussi indépendant que possible. A titre d’exemple, nos cartes utilisent un logiciel libre (Open Layers) et les données de l’IGN. Les cartes disponibles sur les sites officiels utilisaient initialement Google Maps, elles sont maintenant faites avec des logiciels libres et des données publiques (Open Street Map), je n’en ai pas vu qui utilise l’IGN. Ça coûte cher en temps de développement, mais à Menou, nous ne sommes pas pressés.

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