Gestion de crise

Lundi 1er juin – Dans le pilotage d’un processus perturbé par des phénomènes aléatoires comme l’est une épidémie, j’ai déjà évoqué la nécessité de s’assurer que le processus soit commandable et observable. Ainsi, il est plus important d’être mobile et manœuvrant que de savoir précisément où l’on est.

En montagne, premier de cordée, il m’est arrivé de me perdre dans le brouillard sur un terrain difficilement lisible que je croyais connaître. Avec moi sur ma corde, des compagnons fatigués par une longue montée, fragilisés. Alors il faut économiser la troupe, observer le moindre relief dans les quelques mètres que le brouillard vous accorde, collecter toutes les informations disponibles (carte, boussole, altimètre – le GPS n’existait pas), trouver la bonne route qui est celle qui vous donnera des informations solides à moindre danger, prendre de nouveaux repères et surtout, maintenir la confiance de la troupe. Lorsque le brouillard s’est levé, mon chemin de retour en terrain connu pouvait sembler curieux mais chaque pas nous a permis d’avancer vers une meilleure maitrise de la situation. La troupe est resté soudée et confiante, elle est sortie saine et sauve.

Les critiques sur la gestion de la crise sanitaire par l’exécutif fusent dans tous les sens et comme après chaque crise, on juge sur des points de détail et a posteriori, en utilisant des informations qui étaient inconnues au moment où les décideurs ont choisi une direction à l’exclusion d’une autre. Critiquer les détails est le seul moyen d’exister pour les oppositions, c’est facile et ça n’a malheureusement aucune utilité ni pour le présent ni pour l’avenir.   

Je suis convaincu que, aussi discutable que puisse paraître la gestion de la crise sanitaire, elle restera un exemple dans les écoles de management et de science politique. Au-delà des détails, si on observe la méthode dans son ensemble et sur le temps désormais long, l’action menée par le gouvernement est riche d’enseignements. Je veux bien entendre toutes les critiques mais seules ont un sens celles qui traitent du sujet dans sa globalité, mettent en perspective l’acquisition de connaissances au jour le jour, et identifient les décisions dans la dynamique de construction d’une stratégie. Il faudra du temps pour analyser et comprendre.

François et moi avons choisi de ne pas mettre en question les choix de l’exécutif et nous ne pouvons que nous en féliciter. L’imprévisibilité des comportements du virus et celle de la population invitent à l’humilité. Gérer la crise est une chose, ériger le monde d’après en est une autre. Ce second défi est colossal et c’est là que des gestes politiques forts peuvent être posés. Emmanuel Macron joue son second mandat dans les mois qui viennent, il ne pourra pas se contenter de sauver l’industrie automobile ou aéronautique.

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