Flottement

Lundi 1er juin – Demain sera le jour de notre libération : fin de la barrière des 100Km, ouverture des cafés, des restaurants … dans une France presque entièrement verte. 

Soulagement mais aussi angoisse à la sortie de la bulle dans laquelle nous étions confinés avec le petit sas de décompression après le 11 mai.

Des questions légitimes nous assaillent.

Faut-il basculer immédiatement dans notre vie d’avant (quelle était-elle vraiment ?) ou prolonger le répit ? Continuer la lecture de « Flottement »

Gestion de crise

Lundi 1er juin – Dans le pilotage d’un processus perturbé par des phénomènes aléatoires comme l’est une épidémie, j’ai déjà évoqué la nécessité de s’assurer que le processus soit commandable et observable. Ainsi, il est plus important d’être mobile et manœuvrant que de savoir précisément où l’on est. Continuer la lecture de « Gestion de crise »

Dîner déconfiné

Samedi 30 mai – Après avoir passé la journée avec mes abeilles, nous dînons chez des amis. Un vrai dîner, en présentiel comme on dit aujourd’hui dans l’Éducation nationale.

Rarement j’ai trouvé chez tous les convives, une telle envie de passer une bonne soirée, rarement j’ai vu tout le monde s’amuser à ce point. Est-ce un effet du déconfinement ou le génie de notre hôte dans la confection de son plan de table ? Assurément les deux. Continuer la lecture de « Dîner déconfiné »

Grand-père indigne

Jeudi 21 mai – Durant le confinement, je prenais des nouvelles d’un ami et de ses proches notamment son fils qui est assez asocial et que j’apprécie beaucoup. Il vit en ville mais retiré du monde en quelque sorte. Il va bien me dit son père, il se marre de voir que toute la planète adopte son mode de vie.

Au tout début du confinement, je me suis trouvé grand-père pour la troisième fois. Mon fils, l’heureux père, m’a avoué que le confinement les a soulagés car personne n’a pu venir les voir. Continuer la lecture de « Grand-père indigne »

A bicyclette

Jeudi 21 mai – Ils n’ont pas attendu. Avec ou sans Paulette, les Français se sont remis au vélo dès le début du déconfinement.

Selon l’association Vélo et territoires, l’usage du vélo a progressé de 44% en moyenne en France après le 11 mai, comparé à la période précédant le confinement. Pas tant en en ville (+27 %), mais surtout à la campagne (+197%).

Un progrès de l’activité physique remarquable. Il soutient non seulement la promotion de la santé publique (faites du sport…), mais les gains récents en matière de qualité de l’air.   Continuer la lecture de « A bicyclette »

Balade

Mercredi 20 mai – Première véritable marche depuis le début du confinement. L’horizon s’est éloigné d’un kilomètre à cent, ce qui élargit quand même les perspectives. Ce site vous propose de voir jusqu’où vous pouvez vous rendre en toute légalité depuis Menou.

Sans aller jusqu’à des extrémités (100 km, ce sont les confins du monde à pied), s’évader dans les collines autour de Menou, tout le long d’un après-midi est un ravissement.  Découverte de la faune, de la flore le long des chemins, rythme de la marche et plaisir de la conversation, ces moments de déconfinement sont une invitation pressante à renouer avec des plaisirs simples pour tenter de compenser le poids des obligations, un peu pesantes, d’une reprise d’activité. Il faut désormais s’appliquer à développer toujours plus le goût de la liberté dont nous avons, paradoxalement, fait l’expérience tout en étant assignés à résidence.

Le masque et la littérature

Mercredi 20 mai – La reprise d’activité dans l’industrie du livre est surprenante. La demande a brutalement repris, les libraires vendent des livres et les imprimeurs retrouvent de la charge de travail après une période de disette. La réouverture des librairies a permis de constater que le port du masque n’entrave pas la lecture. C’est fou ce qu’on découvre durant cette expérience de confinement / déconfinement…   Continuer la lecture de « Le masque et la littérature »

Expériences

Mardi 19 mai – Une belle journée à Menou et mes abeilles en profitent pour désorganiser mes plans d’élevage. Depuis mon bureau où je travaille mes dossiers, je surveille à distance et faute de temps suis incapable de réagir. Je remettrai de l’ordre dans tout cela pendant le weekend prolongé. Impossible de prévoir ce que sera le mois prochain, ça me rappelle quelque chose.

Je réfléchis à donner une dimension dépassant nos observations chronologiques de la crise. Les idées s’enchainent mais ne trouvent pas encore prise. Je crois que cette expérience a montré que nous avions un squelette relativement solide sur lequel nous pourrions capitaliser en diversifiant les formes de publications. Alors n’hésitez-pas. Marie-Pierre, Odile et Véronique font régulièrement des commentaires dont certains pourraient très bien être des articles. Tout texte est le bienvenu, nous publierons. Prolongeons l’expérience.

Notre société va évoluer rapidement dans les temps qui viennent, nous allons tous nous adapter et influencer cette évolution dont nous sommes par nature les parties prenantes. Tous les témoignages, réflexions, choix méritent une certaine considération car personne ne détient la vérité de ce qui nous attend.

Deux mois

Dimanche 17 mai – Disons-le tout net. Le 11 mai n’a pas changé grand-chose à ma vie.  Depuis lundi dernier, j’ai maintenu et prolongé mon ancrage à Menou, m’autorisant simplement une escapade de moins de 100 km vers l’abbaye de Pontigny.

Une séquence continue de localisation unique pendant une si longue période, je n’avais jamais connu ça. Outre le calme que cela procure, il est vrai dans un endroit très agréable, tout cela a été pour moi un accélérateur de choix.

Deux mois jour pour jour n’ont pas été de trop pour réfléchir à ce à quoi je tenais vraiment. Maintenant tout est plus clair : le confinement n’a pas eu que des inconvénients.

Mobilité réduite

Samedi 16 mai – La lutte contre la pandémie imposait des mesures fermes. Mais je ne suis pas absolument certain -du plus proche au plus lointain- que la règle des 100 km soit très respectée. Il y a du monde à la mer et à la montagne. Et les médias diffusent de nombreux témoignages de gens ayant contourné cette contrainte, de toutes manières, très difficile à imposer. 

La question se pose donc : pourquoi nos concitoyens qui se sont pliés assez loyalement aux principes du confinement deviennent si rétifs devant la règle des 100 kilomètres ? Continuer la lecture de « Mobilité réduite »